En 1877

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Collection ETcomp

Transmission des Forces Motrices
des turbines sur le Rhône de la
Compagnie Générale à Bellegarde
( Département de l'Ain )

Gravure extraite de Géographie de l'Ain - Adolphe JOANNE 1877 - Collection ETcomp

Cela correspond à l'usine de Coupy dans son premier état de construction sur une période s'étalant de 1872 à 1890 environ. 
Qui pourra en confirmer la date précise ? 
A vos archives...

Nous devons les 6 clichés suivants à la perspicacité de Mr Jan WEIJERS, 
collectionneur des Pays Bas, Il s'agit de photographies stéréo ( circa ) ( qui étaient estimés de 1884 ). 

La seconde photo est reproduite dans le livre " Le Haut-Rhône - Force et Lumière, page 49" 
où elle est attribuée à Robert EHRER et datée de 1882. 
S'agit-il de retirages commercialisés par notre photographe Bellegardien ? 
Qu'il a daté avec approximation, n'étant pas l'auteur des photos ?

Une recherche plus poussée, permet de découvrir la gravure précédente dans l'édition de 1877 de la GEOGRAPHIE DE L'AIN par Adolphe JOANNE. Cette vue de l'usine en construction, avec un homme en premier plan est à rapprocher du premier cliché, tant elle parait en être la reproduction... La date de prise de vue serait alors antérieure à 1877 !

 

Une construction, estacade de chargement et déchargement des grosses pièces mécaniques est visible sur les deux clichés suivants.  Elle est placée transversalement sur l'embranchement et sur le chemin qui descend aux turbines. Elle mesure trente mètres et trente centimètres de longueur sur six mètres soixante centimètres de largeur entre les gardes corps des trottoirs supérieurs qui servent à la manoeuvre du treuil et son chariot.
L'estacade se compose de six fermes en charpente reliées à leur partie supérieures par des longrines sur lesquelles est posée une voie ferrée. Sur cette voie circule un chariot portant un treuil muni d'une longue chaîne qui permet de descendre les fardeaux à une profondeur d'environ quarante mètres.

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Le bâtiment en construction abritant les poulies, avec au dessus l'estacade, vu depuis le Rhône. Le bâtiment déjà construit abriterait une station de pompage pour l'alimentation en eau de l'usine de pâte à papier.

Nous pouvons apercevoir au second plan les deux premiers piliers et l'estacade qui permet d'approvisionner le chantier de construction en contrebas. ( Cette photo est datée de 1882 dans le livre le Haut Rhône Force et Lumière ).

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Vue du canyon de la Valserine, affluent du Rhône.

Le pont sur la Valserine, et le bâtiment des turbines.

Depuis le lit de la Valserine, nous distinguons les poulies de transmission et les câbles montant aux piliers sur le plateau industriel de Bellegarde. Au premier plan du cliché de droite, l'homme enjambe le muret du canal d'amenée d'eau du Rhône à l'usine, en amont de la passerelle. Le bâtiment des turbines peut contenir 6 moteurs de 630 chevaux, 3 sont alors installés et en fonctionnement pour une force utilisable d'environ 1 900 chevaux. Les pompes destinées à élever l'eau sur les plateaux pour les besoins industriels sont au nombre de deux. Chacune fournit 67 litres par seconde à une hauteur de 70 mètres.

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

Le canal d'amenée d'eau en provenance de la Perte du Rhône, à droite du muret, la Valserine.
 Au premier plan une passerelle enjambe le canal d'amenée d'eau, alors qu'au fond, l'on devine le chemin d'accès à l'usine en prolongement du pont.

Une construction, dite Forge des Turbines, situé sous la cavité des grands rochers qui dominent le Rhône et la Valserine est visible sur la droite du cliché. Ce local était autrefois l'écurie des vieux moulins, on y arrive à l'époque par un escalier en bois.

La prise d'eau  a été concédée par l'Etat en 1871, pour une durée indéterminée. Elle est constituée d'un vaste bassin de captation en amont des Pertes du Rhône, d'un grand tunnel canal et d'un bassin d'arrivée. Le débit des eaux est tel qu'en moyenne on peut obtenir une force motrice de 10 000 chevaux.

 

Photographie stéréo sur carton, édition SUISSE et SAVOIE, un panorama insolite et peu courant de Bellegarde pour un cliché pris depuis la Savoie, de l'autre coté du Rhône... Nous pouvons le dater approximativement de la même période que la série précédente.

Collection ETcomp

L'intérêt de cette photographie est de révéler un embranchement de chemin de fer, mettant les installations et les terrains de la Compagnie Générale en communication avec la ligne PLM de Lyon à Genève.
Elle se soude à cette ligne sur le territoire de la commune d'Arlod, au midi de l'usine des Phosphates et à cinq cent mètres environ de cette usine dont il longe toutes les constructions. Il contourne ensuite le bas-fonds de la Garenne et descend sur le plateau de Bellegarde sur lequel il se prolonge jusqu'en face du bâtiment des turbines, desservant sur son passage la scierie Pitrat et la Fabrique de Pâte de bois et autres usines qui ont été installées autour des moteurs de la Banque des Travaux Publics. Cet embranchement mesure environ seize cents mètres de longueur totale, sans compter les voies de manoeuvre et d'évitement. L'embranchement est muni de distance en distance dans son axe, de galets ou poulies de renvoi servant à supporter et à guider le câble remorqueur de wagon.


Le chemin d'accès au Rhône - Collection ETcomp

Le chemin qui permet la descente à l'usine de la transmission en contrebas. S'agit-il d'un nouvel accès ou bien est-ce le chemin qui accédait à l'ancien moulin ?


Le pont roulant de la télémécanique - Collection ETcomp

L'estacade sous un autre angle ou nous pouvons distinguer les deux premiers piliers, ainsi qu'un ensemble de wagonnets sur la gauche...


L'usine de pâte à papier - Collection ETcomp

L'usine de pâte à bois  avec sa construction caractéristique de 3 bâtiments en escalier, les piliers nécessaires à la transmission de la force télémécanique se trouvent sur l'autre coté des bâtiments.

 

 

Les deux entrepreneurs Bellegardiens en sont MM. LOMER et ELLERSHAUSEN qui commencent par acquérir les terrains environnants et obtiennent l'autorisation d'utiliser 60m3/seconde d'eau du Rhône par un arrêté signé le 31 mai 1871 par Adolphe THIERS et prestement ramené de Versailles par Joseph MARION. La Compagnie Générale de Bellegarde qui dispose de la maîtrise du sol, projette le futur développement industriel du site. 

Un canal étudié par M. GOBIN, ingénieur en chef du Haut-Rhône, édifié en rive droite, capte l'eau à la Perte du Rhône et l'achemine à Coupy, partie à ciel ouvert, partie souterraine. Le tunnel est équipé de vannes de chasses souterraines. Cette construction entraîne la rectification du cours de la Valserine et la destruction du vieux Moulin de Mussel.

 

Archives de la Bibliothèque Nationale de France

Le Rhône et la Valserine au moulin de Bellegarde
Dessin à la mine de plomb 22,8 x 33,2 cm
Auteur : Nicolas-Marie Joseph CHAPUY ( 1790-1858 )
( Archives de la Bibliothèque Nationale de France )

 

La chute créée qui varie entre onze et treize mètres, est destinée à l'alimentation de six turbines Jonval. Les deux premières sont mises en service en novembre 1873. en 1874 l'usine produit une puissance de 2000 chevaux. L'originalité de l'aménagement réside dans le mode de transmission particulier de l'énergie mécanique produite par la centrale. 
Une première ligne d'environ 1300 mètres relie la centrale de Coupy aux usines d'Arlod par l'intermédiaire de six piliers de pierre supportant une double ligne de câbles mécaniques tendus sur des poulies de cinq mètres de diamètre. Dès 1874, une puissance de 300 chevaux est ainsi expédiée à l'usine de phosphates de chaux à proximité du gisement de Mussel. Ensuite la ligne se prolonge vers la scierie PITRAT, fabrique dite "raboteuse à l'usage du bois". Les poulies des cinq derniers piliers possèdent des gorges doubles, elles peuvent ainsi servir de prise de force pour des usines construites dans l'alignement des câbles.
La seconde ligne alimente l'usine "Société Anonyme des Papeteries de l'Ain" qui fabrique de la pâte à papier.

Victime de la crise économique, des charges excessives sur les industries, l'entreprise rencontre de nombreuses difficultés, dont notamment une expropriation partielle de la commune qui entend récupérer des terrains pour y implanter l'école maternelle.

 

Photo : Robert EHRER - Bellegarde en 1880 - Collection ETcomp

Le second pilier et la société Anonyme des Papeteries de l'Ain - Photo Robert EHRER

 

A partir de 1884, la situation de la Compagnie Générale sera aggravée par la concurrence de la centrale hydro-électrique de Louis DUMONT. Cela va accélérer le rythme des mutations... et la transformation de l'usine en production d'électricité vers 1893 !

 

Crédit  6 photos : Collection Jan WEIJERS - Pays Bas

 

Extraits du livre sur le Haut-Rhône - Force et Lumière :

La Compagnie Générale de Bellegarde est le résultat de la fusion de deux sociétés, "The Bellegarde Phosphates Limited" et " The Rhône Hydraulic Company Limited, en 1872. société anonyme au capital de quatre cent vingt mille livres sterling ( douze million de francs or ) dont le siège social est à Londres.

et du :

Supplément à l'Abeille du Bugey et du Pays de Gex du 11 octobre 1885 :

Vente des Etablissements Hydrauliques de Bellegarde (Ain)
Adjudication devant le Tribunal civil de Nantua le 6 novembre 1885.

 

 

Couverture "Le Haut-Rhônes, Force et Lumière" Jean LAFOUCRIERE, Alain VARASCHIN, Denis VARASCHIN

Le Haut-Rhône
Force et Lumière

Auteurs : 
Jean LAFOUCRIERE, 
Alain VARASCHIN, 
Denis VARASCHIN

Editeur : La LUIRAZ - 1987

Imprimeur : Imprimerie GABRIEL LARDANT,
HAUTEVILLE - LOMPNES